Amita A Ecrit

J’en ai parcouru des chemins…

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J’en ai parcouru des chemins, j’en ai vu des gens marcher au loin. J’ai exploré les terres lointaines de la pensée et du monde. J’ai marché des années. J’ai foulé ces pays déserts, ces terres d’exil, ces gouffres sans nom. J’ai marché pour te trouver. J’ai parcouru l’existence pour arriver jusqu’à toi.

Je t’avais vu en rêve déjà, une ombre, une silhouette, un fantasme que sais-je ? J’avais entendu le murmure de ta voix prononçant doucement mon prénom tant de fois dejà.

J’ai parcouru des terrains en friche et des chemins pentus. Je suis allé là où aucun homme n’était encore allé. J’ai perdu espoir parfois et puis je suis reparti. J’ai atteint le sommet du monde et les profondeurs marines. J’ai vu la mort et la vie où point exact où elles se rejoignent.

J’ai traversé des ponts au-dessus du néant, j’ai nagé pendant dix ans, j’ai grimpé dans des arbres plus hauts que ton regard ne peut porter.

J’en ai parcouru des chemins, je ne savais pas ce que je cherchais. Mais lorsque je fermais les paupières, c’est ton ombre qui s’y dessinait. Qu’avais-je appris de ma vie d’errance ? Qu’avais-je vraiment compris de l’existence ?

J’ai parcouru le monde et foulé tous les sols que la terre ait créés. Et pourtant, inlassablement, c’est vers ma terre natale que je revenais tout le temps. Ce sont ses contours que j’aperçois.

Lorsque je tends la main, c’est sa surface froide et pourtant si chaleureuse que je sens. Lorsque je hume l’air, ce sont ses parfums, ses odeurs de terre humide et de pain chaud que je sens. Lorsque enfin je me laisse prendre par le sommeil, je peux enfin marcher dans ses rues si familières, contempler ses monuments et ses pavés que j’ai tant foulés, entendre le tumulte si doux de cette ville en mouvement.

J’ai vécu ce que tous rêve de vivre, j’ai appris bien plus que tous les livres ne peuvent nous apprendre, j’ai parlé les langues oubliées du monde avec ces personnes inconnues qui peuplent la terre. Et pourtant je me sens si petit, infiniment perdu, quelconque.

Je suis si loin de ma terre, si loin des miens. J’ai respiré l’air le plus doux dans les montagnes les plus pures, j’ai vécu les moments les plus merveilleux de la création. Et pourtant, je suis seul, je suis perdu.

_

Je crois que j’ai assez fantasmé ma vie, il est peut-être temps de la vivre enfin. Et parfois, nul besoin d’aller bien loin.

 

Amita

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