Désobéir pour les animaux – Les Désobéissants + petit rapport sur la condition animale

Bonjour,

 

Aujourd’hui, je vous propose un article spécial que j’ai adoré rédiger ! Il s’agit de ma critique d’un essai sur la condition animale, mais avant de vraiment parler du livre, je vous ai rédigé une sorte de petite thèse sur la condition animale avec des informations, des données chiffrées, des liens… Ce n’est qu’un début, je vais m’améliorer, citer plus de sources, mieux gérer les transitions, amener de plus profondes réflexions… Mais j’ai adoré écrire ce petit rapport, comme un entrainement pour mon futur mémoire ! J’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire, n’hésitez pas à le partager, à le commenter et surtout, aller signer les pétitions qui sont mises en lien.

 

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« Auschwitz commence quand quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce ne sont que des animaux. »

Theodor Adorno

Aujourd’hui, un courant commence à prendre de l’importance : l’anti-spécisme. C’est un courant qui désire détruire les barrières entre les espèces (l’homme et les autres animaux ou encore les animaux que nous chérissons, dits « domestiques » et ceux que nous mangeons et exploitons)

Le spécisme, qui est donc le courant inverse, s’apparente à du racisme ou du sexisme, mais selon les espèces animales.

Le simple fait de dire « l’homme et l’animal » plutôt que « l’homme et les animaux » est déjà une preuve que nous faisons tous une bien trop grande distinction entre nous et les animaux, mais qu’en plus, nous les amalgamons tous sous le singulier « l’animal » En effet, le fait d’utiliser un singulier réduit leurs spécificités, réduit les distinctions possibles entre chaque espèce et n’en présente qu’une seule et vague appelée l’animal et qui est alors vue comme le parfait opposé de l’homme.

Pour justifier cette distinction entre l’humain et les animaux, on a tenté de trouver des critères : raison, conscience de soi et d’autrui, culture, transmission, conception d’outils…

Le problème est que ces critères ne s’appliquent pas à tous les humains (handicapés, nouveau-nés, personnes âgées, séniles….) De la même manière, ces critères peuvent s’appliquer à certains animaux.

A ce moment-là, que faire ? Où est alors la distinction, quelles sont les différences ? C’est donc là qu’on prend conscience qu’il n’y en pas ou tout du moins, qu’elles ne sont pas celles qu’on croit et pas aussi grandes qu’on l’a toujours pensé.

Mais les animaux, en plus d’être au pluriel en terme d’espèces, le sont aussi au sein d’une même espèce. Chaque animal d’une espèce est un individu singulier à part entière.

Maintenant que ces faits sont exposés, nous pouvons en venir à un autre point qui fait débat : les émotions.

Car oui, certaines espèces ressentent le deuil, la compassion (les biches) d’autres se reconnaissent dans un miroir (les éléphants, les chimpanzés1 … ) et d’autres encore savent créent et se servir d’outils (bonobos, chimpanzés)

De plus, ils ont des hiérarchies sociales, qu’ils respectent. Ainsi les poules se reconnaissent, les rats s’entraident, les poissons respectent une hiérarchie…

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Mais ce qui reste le plus choquant, c’est que durant des années, les commerçants, les scientifiques et autres ont tenté de nous faire croire certaines choses au sujet des animaux qui se sont révélées fausses. Ainsi, le poisson rouge que vous mettez dans un petit bocal rond ressent l’ennui et a une mémoire comparable à celle de vertébrés.

Les animaux sont encore malheureusement vus comme des «biens meubles », que nous pouvons exploiter que ce soit pour nous nourrir, nous vêtir, tester nos produits, s’amuser à leurs dépens…

Ce qui m’effare le plus, personnellement, ce n’est pas tant l’abattage, les loisirs, le textile (bien que tout cela soit effectué dans les conditions les plus méprisables) mais ce sont les tests sur les animaux : pharmaceutiques, médicaux, cosmétiques…

Chaque année, rien qu’en Europe, plus de 10 millions d’animaux sont utilisés à des fins scientifiques, dont 2,3 millions en France. Ces chiens, chats, lapins, primates, oiseaux, souris sont utilisés pour tester nos cosmétiques, nos médicaments, nos produits ménagers… Et ce parfois, sans même que nous ne le soupçonnions.

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Il suffit de prendre connaissance du test de Draize2 pour comprendre rien qu’une infime partie de l’horreur vécue par ces animaux.

Donc lorsque le commerçant vous assure que « ce shampoing ne pique pas les yeux » il le sait car à force de nombreux essais sur les yeux des lapins, les scientifiques ont réussi à lui trouver une formule qui ne piquait plus les yeux.

Rassurez-vous il est tout à fait possible de trouver des cosmétiques de qualité qui ne sont pas testés sur les animaux (et qui sont parfois même végans) il existe beaucoup de marques (The body shop, Lush… vous pouvez retrouver des listes sur Internet) Et pour ceux qui se posent la question il est désormais facile de ne plus tester sur les animaux, notamment grâce à la technologie3.

Mais les cosmétiques ne sont pas les seuls à faire souffrir nos amis les animaux. Beaucoup de loisirs les utilisent encore, avec plus ou moins de violence.

La corrida, évidemment, encore légale dans beaucoup de pays (vous pouvez signer une pétition contre sur le site de 30 millions d’amis4), la chasse à courre, la chasse « traditionnelle », la pêche, les zoos et cirques animaliers (je vous propose une autre pétition5 et je paraphrase Allain Bougrain-Dubourg en disant que le cirque n’a pas besoin des animaux, il n’en mourra pas, au contraire, il évoluera comme il l’a toujours fait)

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En réalité chacun de nos choix, chacun de nos gestes a des conséquences, sur l’environnement d’abord mais aussi sur les animaux.

Lorsque vous adoptez un animal, il est de votre devoir de vous en occuper, de ne pas l’abandonner ou le laisser mourir (En France, chaque année, 100 000 chiens et chats sont abandonnés, et presque la moitié durant les grandes vacances)

Lorsque vous optez pour un régime alimentaire, même la provenance de votre viande a un impact. Sans forcément être végétarien, vous pouvez opter pour de meilleurs gestes (bio, provenance française, local…)

Les habits que vous portez, les loisirs que vous pratiquez… tout a des conséquences.

Et pourtant (et c’est tout à fait compréhensible) le premier sujet de toutes les controverses reste l’abatage intensif de la viande.

Bien des ouvrages en parlent et je vous invite à aller lire la critique que j’ai écrite sur le livre de Jonathan Safran Foer : Faut-il manger les animaux ?6  qui traite du sujet avec profondeur (en prenant le cas des États-Unis mais ça permet toutefois de se faire une idée)

Je ne m’attarderai donc pas sur le sujet, j’aimerai juste apporter quelques informations qu’il me semble utile de connaître, que ce soit pour savoir ce qu’on mange ou au contraire pour être sûr de pourquoi ne le mangeons nous plus.

En effet les animaux que nous consommons n’en ont plus la moindre caractéristique : le cochon que l’on trouve dans nos assiettes a été tellement modifié pour produire le plus de viande en coûtant le moins possible, que ses gênes sont à peine ceux d’un cochon.

Ainsi les animaux perdent la plupart de leurs comportements normaux (hiérarchisation sociale fiable, propreté et hygiène, développement physique, loisir…)

On les force même à atteindre des limites qu’ils sont tout bonnement incapables de franchir naturellement. Certains de ces animaux sont si lourds que leurs pattes ne les portent plus, des poulets « de chair » ont une croissance si accélérée que leurs os ne les portent plus et ils n’arrivent plus à se déplacer. On les nourrit bien plus qu’il ne peuvent le supporter (et pas toujours avec la nourriture adéquate) les canards et oies sont immobilisés et ingurgitent de force via un tube enfoncé dans l’œsophage 2 kilos de maïs par jour (l’équivalent de 15 kg pour un humain) pour la consommation de foie gras.

Alors manger de la viande c’est une chose, mais aujourd’hui nous avons atteint un tel seuil de souffrances, d’atrocités, d’inhumanités que ça en devient inimaginable. C’est la raison pour laquelle beaucoup n’y croient pas ou préfèrent ne pas y croire. Les commerçants et les publicitaires nous y aident beaucoup en scandant que les animaux sont heureux, élevés en plein air… En nous montrant des élevages où les poules et les poulets dansent ailes dessus ailes dessous.

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C’est seulement en 2014, dans le code civil français, que l’animal est passé du statut de « bien meuble » à « être vivant doué de sensibilité » Cela ne fait que quatre ans et pourtant déjà bien des lois (aussi peu nombreuses soient-elles en France) concernant les animaux ne sont pas respectées. La France est très en retard pour ce qui est de la législation en faveur des animaux.

Beaucoup de loisirs tuant ou mettant en scène la souffrance animale sont encore autorisés en France.

Les lois, si minces soient-elles, sur l’abattage ne sont presque jamais respectées non plus, voire jamais.

En somme, le chemin est encore très long, bien trop long.

La première cause de non-changement en France sont les traditions : manger de la viande c’est une tradition qu’on nous inculque bien avant que nous puissions y penser et même avant que nous ne comprenions ce qu’il y a dans nos assiettes ; la corrida, la chasse, la pêche sont des traditions et c’est sous ce prétexte, bien souvent, qu’on permet leur autorisation ; les fêtes incluant des animaux à consommer sont aussi du ressort de la tradition. Il faut revoir nos traditions, du moins ce qu’on appelle ainsi. Il faut évoluer pour devenir meilleur et nos traditions évolueront avec nous.

Il existe de multiples manières d’avancer et de faire avancer les choses. Il n’est pas nécessaire de tout changer, de tout arrêter. Il existe bien des loisirs qui ne nuisent ni aux animaux ni à l’environnement. Il existe des façons de manger plus saines et plus responsables (sans forcément devenir végétarien ou végétalien mais ça reste un choix tout à fait envisageable) Il existe des manières de lutter individuellement, chacun à sa manière.

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Et le livre dont il est question aujourd’hui en parle très bien. Désobéir pour les animaux est un très mince ouvrage qui propose d’étudier brièvement et clairement la question animale.

Dans une première partie il est question des torts que nous causons aux animaux (dont je vous ai fait un rapport au dessus) puis nous avons une partie plus historique qui se concentre sur les différents mouvements de pensées et façon de voir les animaux ainsi que sur les gens et associations qui se sont battus au cours des siècles et comment ils ont fait avancer les choses.

Puis dans la dernière partie, le collectif Les Désobéissants nous donne des clefs pour agir à notre tour, à notre échelle.

La première partie m’a vraiment beaucoup plu et même franchement révoltée ! Elle apporte beaucoup d’informations sur des points très variés en ce qui concerne le traitement des animaux (textile, alimentaire, loisirs…)

La seconde partie a été un peu plus confuse, beaucoup d’informations compliquées en peu de temps : des dates, des noms d’associations, de chercheurs, des ouvrages cités, des procès…. Et c’est durant la lecture de cette partie que j’ai ressenti un ton légèrement moralisateur.

C’est finalement avec la dernière partie que je me suis mise à penser que ce collectif avait peut-être des idées un peu plus fortes que ce à quoi je ne m’attendais concernant la manière de lutter.

Certes c’est nécessaire mais la manière de le dire m’a semblé un peu fragile. Cet ouvrage ne me paraît pas à mettre dans toutes les mains. En effet les auteurs y expliquent qu’enfreindre la loi pour protéger les animaux peut être bien dans le sens où aller jusqu’à un procès permettra de médiatiser l’affaire et peut-être de faire avancer la situation par la même occasion. Et même si la réflexion est juste, la manière de l’annoncer m’a semblé un peu rude.

De plus, dans les solutions apportées pour agir en faveur des animaux, à part un militantisme plutôt actif, on ne trouve rien d’autre. Il n’y a que quelques lignes sur le végétarisme et le végétalisme tout le reste est consacré à des actions plus « importantes » mais potentiellement plus dangereuses.

Je pensais qu’il y aurait plus de paragraphes sur la manière de consommer de façon plus responsable, que ce soit le textile, l’alimentaire, le cosmétique ou le médical. Mais concernant ces points, outre la nourriture, aucune solution n’est apportée. C’est tout ou rien. Du moins c’est l’impression que m’a laissé cet ouvrage.

Et mis à part quelques fautes d’inattention (des mots écrits deux fois à la suite, un « s » oublié…) j’ai toutefois apprécié cet ouvrage, son engagement, sa portée, les informations qu’il apporte et la volonté avec laquelle il le fait.

Nous ne sommes en rien supérieurs aux animaux. Ils sont nos égaux et il est temps de le comprendre et d’agir dans ce sens, il est temps de prendre conscience que la planète, la biodiversité, les espèces sont menacées. Et c’est à nous de faire quelque chose puisque tout cela est notre faute. Il est temps de prendre conscience et d’agir, chacun à sa manière, chacun à son échelle.

La France est bien en retard par rapport à certains pays qui ont déjà fait voté des lois, mais ce n’est pas assez, pas encore.

Chacun de vos gestes, chacun de vos choix comptent. Ayez les bons réflexes. Et surtout, renseignez-vous, ne vous laissez plus influencer.

Amita

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P-S : Je n’ai pas mis d’images illustrant exactement ce dont je parlais car ce n’est pas mon but, je ne désire pas choquer au point d’en être écœuré. Je souhaite ouvrir les yeux, éveiller les consciences. Et les liens que j’ai fournis se chargent pour moi de montrer les choses comme elles sont. Moi je le dis, je l’écris, mais je ne veux pas le montrer sur mon blog.

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1Le test de Gallup, aussi appelé test du miroir permet de situer la reconnaissance qu’un être à de soi : https://www.planeteanimal.com/quels-sont-les-animaux-qui-se-reconnaissent-dans-un-miroir-2242.html

2Il existe bien d’autres tests malheureusement, mais c’est le plus connu, voici une vidéo qui permet de comprendre : https://www.youtube.com/watch?v=mXUJa6NFyPA

3Voici un article qui résume les tests effectués sur animaux et les solutions cruelty free https://www.animalter.com/index.php?option=com_content&view=article&id=50:les-tests-sur-les-animaux&catid=10&Itemid=132

6Je vous conseille aussi tous les articles de la catégorie « Greenita » https://amitaaaimesite.wordpress.com/2018/07/11/greenita-faut-il-manger-les-animaux-jonathan-safran-foer/

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose à dire, ou juste par amour pour les mots. La lecture c'est toute ma vie, ça et ma famille (mes trois sœurs d'amour pour qui je donnerai n'importe quoi) mon amoureux et mes supers copines (Manon, Marie et Victoire) C'est grâce à ces personnes que ma vie est ce qu'elle est. Merci.
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