[Greenita] Faut-il manger les animaux ? – Jonathan Safran Foer

Bonjour !

 

C’est avec ce deuxième article « vert » que je vous retrouve pour continuer l’inauguration de ma nouvelle rubrique : Greenita. Une rubrique consacrée aux animaux, à l’écologie, au végétarisme, au zéro déchet…. Greenita étant la contraction de Green et Amita.

Cela fait maintenant un peu plus de 20 jours que je suis végétarienne et environ 4 mois que je m’intéresse réellement à la cause animale. J’ai donc commandé pas mal de lectures sur le sujet et j’ai hâte de toutes les lire et de vous en parler. Pour le moment, voici un classique lorsque’on parle du traitement des animaux d’élevage.

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Photo prise de mon Instagram (cliquez ici)

 

Note : ★★★★

Dans cet essai sociologique, Jonathan Safran Foer, romancier américain, évoque le triste sort des animaux d’élevage industriel aux États Unis. Il en profite pour poser la fameuse question qui tient lieu de titre : faut-il manger les animaux ? Si oui, ceux provenant de quels élevages ? Si non, pourquoi ?

Il commence par raconter sa propre histoire. Son désir plusieurs fois avorté de devenir végétarien. Son peu de volonté dans la démarche car finalement il se sentait assez peu impliqué dans le sort des animaux et le marché de la viande (et pourtant, en tant que consommateurs, on a déjà beaucoup, beaucoup d’impact sur ce marché). Il raconte le délicieux poulet-rôti de sa grand-mère, il nous parle du fait de manger comme une tradition, comme un rituel, un passage, une histoire.

La fin de son essai, de sa réflexion fait d’ailleurs écho à ce début. On évoque Thanksgiving, fête très importante sur le continent américain. On évoque les dindes, ce qui nous ramène à ses questions d’histoire et de traditions. Mais cette fois l’auteur a fait un choix, il a compris des choses, il en prône d’autres, il en inculpent aussi certaines.

Entre tout cela, on retrouve des descriptions de visites d’abattoirs ou d’élevages, des lettres d’éleveurs, de consommateurs, de membres de PETA…., des anecdotes, des questionnements. On retrouve également des chiffres (un peu trop, on s’y perd, entre les années, les pourcentages et autres chiffres terminés de beaucoup de zéros) des expériences, de l’Histoire…

Il commence par nous parler de lui, de sa vie, ce qui l’a poussé, une énième fois à penser au végétarisme. En l’occurrence, la naissance de son fils. Alors a commencé un questionnement sur la nourriture et sur l’impact qu’ont nos choix sur le monde qui nous entoure.

Puis, par une sorte de raisonnement par l’absurde, l’auteur nous prouve qu’on ne traite absolument pas les animaux de la même façon, car là où jamais nous ne mangerions notre chat ou notre chien, nous prétendons aimer un cochon, une vache, un poulet, mais le mangeons quand même. Pourquoi ? Pourquoi certains animaux sont à nos côtés et d’autre dans nos assiettes ? Alors que ces mêmes animaux que nous n’imaginons pas manger le sont dans d’autres cultures.

Ensuite l’auteur, durant trois ans, s’est informé et a rencontré une multitude de personnalités liées de près ou de loin à l’industrie de la viande. Il a également visité, illicitement ou non, des abattoirs. Il nous conte ses visites, ses rencontres. Nous retranscris des lettres : des végétariens qui construisent des abattoirs et s’expliquent, des végétariennes qui élèvent du bétail pour la consommations, des membres de PETA….

Parfois difficile à lire, les descriptions insalubres des abattoirs ou les explications choquantes mais bien réelles et pas forcément exceptionnelles des processus d’élevage et d’abatage sont pourtant la clef de ce livre. Ils permettent de réellement comprendre ce qu’est la viande que nous mangeons.

Ce livre permet de comprendre que le cochon que vous mangez n’a jamais été un cochon, il n’en a plus les caractéristiques, trop souvent modifié génétiquement, il n’en a même plus le goût, trop stressé et torturé.

Il parle beaucoup des élevages industriels, qui sont le centre de sa réflexion, mais il en profite pour évoquer les élevages traditionnels, et en soutient même un ou deux. Car pour lui manger de la viande n’est pas mal en soi, c’est la manière de le faire qui doit complètement être revue. Les élevages traditionnels sont pour le moment, à ses yeux, ce qui se fait de mieux et c’est pourquoi il nous en fait visiter, au travers de ses mots, quelques uns.

Tout en essayent de rester objectif, l’auteur pousse sa réflexion. Aux premières pages du livre, il en est au même point que nous, il début le récit aussi naïf, voire plus, que le lecteur. Il débute son essai avec même une légère tendance à se déculpabiliser concernant la viande. Mais lorsqu’il termine son récit, il a appris beaucoup de choses et a acquis énormément d’expérience. Il est un homme nouveau avec de nouvelles convictions et de nouveaux combats peut-être aussi. Pourtant, il n’est jamais accusateur vis-à-vis du lecteur.

Peut-être votre avis divergera un peu, ou beaucoup, peut-être le trouverez-vous toujours aussi inconscient et ignorant, toujours aussi naïf. Mais il a grandi et changé, c’est indéniable et c’est déjà énorme. Et ce livre peut en faire réfléchir plus d’un.

Pour finir, il ne faut pas oublier que ce livre est américain, qu’il décrit l’Amérique d’aujourd’hui vue par les yeux d’un américain. Il ne faut pas le prendre comme un repère universel. De plus, en Europe, les lois sont différentes et l’Union Européenne est un peu moins laxiste au sujet des animaux (tout dépend du pays…) Mais la situation reste grave, même en France, même en Allemagne, même au Portugal ou en Belgique (d’ailleurs on applaudit ces derniers pour toutes les mesures animalières qu’ils viennent de prendre !)

Le combat n’est pas fini ! Chacun avance à son rythme, fait les gestes qui lui conviennent. Un petit pas est déjà un pas. Mais ceci est important et ça nous concerne tous.

Tout le monde mange, de la viande ou non, tout le monde va au supermarché ou au restaurant, tous nos gestes et nos mots ont des répercussions sur notre société, d’une façon ou d’une autre. Nous sommes impliqués, peu importe ce que nous en pensons.

 

Amita

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose à dire, ou juste par amour pour les mots. La lecture c'est toute ma vie, ça et ma famille (mes trois sœurs d'amour pour qui je donnerai n'importe quoi) mon amoureux et mes supers copines (Manon, Marie et Victoire) C'est grâce à ces personnes que ma vie est ce qu'elle est. Merci.
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8 commentaires pour [Greenita] Faut-il manger les animaux ? – Jonathan Safran Foer

  1. Ping : Désobéir pour les animaux – Les Désobéissants + petit rapport sur la condition animale | Amita A Aimé

  2. AuroreVoyage dit :

    Bravo à toi pour avoir adopté ce régime végétarien. Ce n’est pas facile, mais je crois que la population Française, et des autres pays dits  » industrialisés » depuis longtemps commencent à réfléchir à la planète sur laquelle ils vivent. C’est un bon point de départ.
    J’ai basculé végan il y a une semaine, après avoir voyagé plusieurs mois (j’étais pesco végétarienne depuis toujours, puis végétarienne depuis moins d’un an). Chaque geste en faveur des animaux et du vivant dans son ensemble est une avancée louable.
    Bravo et merci pour ta rubrique, c’est aussi comme ça que l’on amène les gens à réfléchir.

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    • Amita dit :

      Merci, ton message me fait vraiment très plaisir et me pousse à continuer dans cette nouvelle voie. Je suis d’accord, moi-même j’ai pris conscience de tout cela tard à mon goût et je désire que les autres puisse comprendre ce que j’ai compris et apprendre ce que j’ai appris via ma rubrique. Car c’est vraiment une cause importante et je souhaite la soutenir aussi intensément que je le peux !
      Merci beaucoup ! 😉

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  3. La Nébuleuse dit :

    J’ai lu moi aussi ce livre au début de mon végétarisme, quand j’étais en licence (il y a quelques années maintenant..) ! J’avais apprécie l’aspect accessible, et non moralisateur, qui en fait une première approche assez idéale au débat. Depuis le nombre d’ouvrages sur le sujet s’est multiplié mais quand il est sorti il y en avait beaucoup moins. Je te conseille vivement Planète Végane d’Ophélie Véron, c’est un peu une bible, c’est très agréable à lire et plein de bienveillance !

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    • Amita dit :

      Oui je suis contente d’avoir commencé avec celui-ci, il apporte des points techniques sans pour autant être un ouvrage scientifique et/ou peu compréhensible. J’irai voir merci ! Cela fait combien de temps maintenant que tu es végétarienne ? Tout s’est bien passé ?

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      • La Nébuleuse dit :

        Cela fait cinq ans et demi que je suis devenue végétarienne, et un an que je suis végétalienne. C’était une transition très douce et progressive, j’ai pris le temps de me questionner, de m’informer, d’aller lire des débats, de débattre moi même… Et donc tout s’est bien passé oui ! 🙂

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      • Amita dit :

        Merci de partager ton expérience ! Pour ma part, j’ai peur d’aller trop vite, de brusquer mon organisme… J’essaie d’y aller progressivement mais j’ai peur de « mal faire » certaines choses

        Aimé par 1 personne

      • La Nébuleuse dit :

        Du moment que tu découvres à ton rythme d’autres types de repas, y’a pas grand chose à craindre je pense surtout si tu consommes toujours lait et oeufs. Tu peux prendre exemple sur les menus type qui sont proposés sur de nombreux blogs mais pas de panique a priori 🙂

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