A la croisée des Mondes T.1 : Les Royaumes du Nord – Philip Pullman

Les_Royaumes_du_Nord_A_la_croisee_des_mondes_tome_1

Résumé : Ce n’était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans: Lyra vivait, en compagnie de son dæmon Pantalaimon, parmi les Érudits du Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d’Oxford à la recherche éperdue d’aventures. Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d’une extraordinaire particule. D’une taille microscopique, la Poussière. Elle avait alors effectuer un long voyage vers le Nord pour comprendre tous les mystères autour de la Poussière.

 

Dès les premières pages on est embarqué dans le quotidien de Lyra, orpheline de onze ans, qui vit au Jordan College d’Oxford dans un monde qui ressemble à une version passée du nôtre, mêlée de modernité et de magie mais aussi de science ! On se retrouve plongé au cœur d’un monde fortement dirigé par l’Église où hommes, sorcières, ours en armures et autres créatures cohabitent.

On peut alors citer les dæmons, sorte de représentations physiques de l’âme qui peuvent changer d’aspect à volonté jusqu’à la puberté de leur maître. Pour moi, ces petites créatures qui accompagnent tout être humain sont l’un des points forts de cette histoire. En effet, pour les personnages de ce livre, vivre sans dæmon ou loin du sien est une abomination, une mutilation du corps, un sacrilège ! C’est dire à quel point ces petits animaux doués de parole sont importants. Et j’ai trouvé ça attachant et fascinant à la fois : qui ne rêverait pas d’avoir un petit compagnon toujours à ses côtés, pour ne jamais plus se sentir seul ? De plus, c’est parfait pour attendrir le lectorat, qui, à la base, est un lectorat jeune.

Mais ce n’est pas le point central de l’histoire, le fil conducteur de tout le tome, et des tomes suivants semble-t-il, c’est cette fameuse Poussière dont il va être question assez tôt et qui va nous intriguer pendant longtemps. Cette Poussière qui effraie et intrigue, fascine et émerveille, cette Poussière qui va pousser notre héroïne dans un long voyage jusqu’au Nord. C’est un sujet à forte portée philosophique, et parfois même un peu scientifique par quelques aspects, tout en restant parfaitement accessible à tout type de lectorat. J’ai trouvé cette intrigue bien menée, car tout en suivant les traces de cette Poussière, on se retrouve confrontés à beaucoup d’autres événements et découvertes qui vont s’ajouter à l’histoire déjà très riche. Et cette Poussière va marquer la fin du tome mais aussi le début du suivant, c’est donc un parfait moyen de conduire l’histoire et de lier la trilogie entière.

D’ailleurs, en parlant de structure, je souhaite également évoquer celle du premier tome dans sa globalité. Le livre se découpe en trois parties relativement équitables, chacune se concentrant sur un lieu phare de l’intrigue, un lieu qui va avoir un impact sur le destin de Lyra et la suite de l’histoire, on retrouve ainsi trois lieux importants, donc trois grandes parties, trois points culminants du récit, très bien partagés. Cette construction permet une meilleure compréhension de l’histoire ainsi qu’une meilleure découpe, c’est un travail très intelligent que je tenais à souligner.

Le dernier point phare de l’histoire c’est l’aléthiomètre, sorte de boussole d’or qui montre la vérité quelle que soit la question qu’on pose si tant est qu’on sache s’en servir. C’est un objet d’une extrême rareté qui va se retrouver entre les mains de Lyra. Celle-ci va s’en servir à de multiples reprises pour affronter de nombreuses situations et déjouer des guet-apens, c’est donc un objet très pratique. Et à dire vrai, ce point m’a légèrement dérangé, j’ai trouvé ça un peu facile d’avoir un objet qui permettait de tout savoir et de prédire l’avenir, ça enlève une part de suspens et de mystère et ça facilite l’histoire. Mais il ne faut pas oublier que le livre s’adresse d’abord à un lectorat jeune, il est donc normal qu’on y retrouve certains codes et schémas d’une littérature faite pour plaire à la jeunesse.

Mais outre l’intrigue, dans un roman on retrouve aussi des personnages, et quelle gamme de personnages extraordinaires et fantastiques on retrouve ici !

On rencontre autant de personnages humains que de créatures, comme les ours en armures ou les dæmons qui sont tellement attachants.

Mais l’égalité existe aussi entre les genres, on retrouve des personnages féminins très forts et d’autres plus faibles, méchants comme gentils et de même pour les personnages masculins.

D’ailleurs la limite bien/mal, méchant/gentil est assez vague, on n’est assez loin du schéma dichotomique, on est face à des personnages qui font le bien parce qu’ils pensent que c’est ce qu’ils doivent faire mais qui parfois se retrouvent confrontés à des situations où ils ne peuvent pas agir de la meilleure manière possible, et ce sans être méchants, puis on peut retrouver aussi des personnages qu’on a cru respectables, qu’on a admiré depuis le début pour finalement se rendre compte qu’ils agissent mal pour accomplir ce qu’ils pensent être bien, sans se soucier des autres.

On a ainsi un panel de schémas très différents et qui évitent toute vision manichéenne de l’histoire, avec des retournements et des rebondissements forts et intenses qui nous serrent la gorge.

L’héroïne est également un personnage bien travaillé, elle peut plaire tant aux garçons, pour son côté casse-cou et intrépide, qu’aux filles, pour son côté sensible et les joies qu’elle découvrent en apprenant à s’apprêter. On a donc une héroïne ni trop niaise ni trop intrépide, une héroïne qui peut plaire à petits et grands et aux garçons comme aux filles.

Je regrette juste que beaucoup de personnages prometteurs restent un peu trop en retrait, comme la plupart des gitans ou les sorcières que j’aurai aimé mieux connaître.

Mais un livre ne se compose pas que d’une intrigue et d’une gamme de personnages, il faut aussi prendre en compte le style de l’auteur, sa plume. Et concernant Philip Pullman, j’ai trouvé son style en même temps très intelligent, très complet et pourtant très adapté à un lectorat jeune (qui est le lectorat visé au départ, bien que le livre touche finalement un public bien plus large)

Et quant à sa plume, je l’ai trouvée très belle, magique elle nous fait apercevoir les rues d’Oxford en sépia ou encore les grandes étendues de neige du Nord. Je l’ai cependant trouvé un peu fragile dans les dialogues, ils sont peut-être un peu trop mécaniques, trop rapides aussi. A contrario, il excelle dans les descriptions qui rendent l’univers encore plus vrai, encore plus magique et vivant.

Pour résumer, Les Royaumes du Nord est une réussite pour moi aussi. Un livre qui remplit toutes les conditions pour être un bon livre : un bon univers renforcé par une belle plume et une large gamme de personnages très forts et attachants, le tout accompagné d’adorables dæmons qui font à mon sens toute la magie et l’originalité de cette œuvre.

Le titre de la saga prend alors tout son sens à la fin du premier tome, fin qui marque un tournant majeur dans la vie de Lyra et dans le récit, c’est donc une fin réussie et qui donne très envie de plonger dans le second tome avec impatience !

 

 

Amita


Publicités

A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose à dire, ou juste par amour pour les mots. La lecture c'est toute ma vie, ça et ma famille (mes trois sœurs d'amour pour qui je donnerai n'importe quoi) mon amoureux et mes supers copines (Manon, Marie et Victoire) C'est grâce à ces personnes que ma vie est ce qu'elle est. Merci.
Cet article, publié dans Amita A Aimé, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour A la croisée des Mondes T.1 : Les Royaumes du Nord – Philip Pullman

  1. LaPtiteFee dit :

    Il faut que je le relise et termine cette trilogie ! 🙂

    J'aime

  2. Ping : Mes dernières lectures #Septembre2017 | Amita A Aimé

  3. Je l’ai dans ma wishlist depuis des années, et je n’ai jamais franchi le cap. Il faut vraiment que je m’y mette. Surtout que le premier film (j’ai vu que la moitié) m’avait bien donné envie !

    J'aime

  4. J’avais tellement aimé cette trilogie, et surtout ce premier tome auquel allait ma préférence ! Je te rejoins amplement sur tous les points de ta chronique, en particulier sur la complexité de cet univers pourtant accessible aux plus jeunes (même si, à l’époque, j’avais eu un peu de mal à saisir quelques détails).

    Du coup, j’espère que la suite te plaira tout autant (si tu poursuis sur ta lancée). Dans le tome 2, l’auteur prend d’ailleurs un sacré tournant au niveau de l’intrigue 😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s