Ma reine – Jean Baptiste Andrea

Coucou

 

Je vous retrouve avec cette lecture de la rentrée littéraire que j’ai terminé depuis une semaine maintenant. Je suis désolée si la critique a traîné, j’ai eu beaucoup à faire !

Un auteur à suivre de près ! 😉

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Résumé :

Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

On se retrouve plongé au cœur de la Provence dans un décor très agréable, en plein été, de quoi finir les vacances tout en douceur. En parlant de douceur justement, on va y rencontrer Shell, un jeune garçon qui vit au cœur de ce paysage de rêve, isolé, dans la station service où travaillent ses parents.

Ce petit garçon souffre apparemment d’une forme d’autisme et évolue dans cet environnement pas forcément très adapté à ses besoins.

On est alors confronté à plusieurs thématiques : la maladie qui est l’autisme mais aussi la solitude, l’isolement, le manque d’amis… Ce sont des sujets terriblement touchants et évoqués avec talent. Ce sont d’ailleurs deux sujets qui vont donner sens au titre et à cette reine qu’on va rencontrer.

 

L’histoire est assez simple mais se construit successivement grâce aux différentes thématiques, Shell part à la guerre pour prouver qu’il est un homme car il a entendu ses parents dire qu’il ne pouvait plus rester ici à cause des multiples bêtises qu’il provoque. Ce voyage pour « devenir un homme », sorte de voyage initiatique, va en effet le faire grandir et représente ce dur passage à l’âge adulte que nous avons tous dû vivre.

Il va y faire des rencontres et comprendre, ou du moins faire comprendre aux lecteurs, un certains nombre de choses sur la vie et son sens.

Allant de l’alcoolisme à la violence parentale ce livre aborde beaucoup de sujets de manière subtile et vus par les yeux de ce petit garçon, qui ne comprend pas forcément à quel point le monde est dur et terrible.

Ce que nous illustre parfaitement cette histoire de guerre qu’il croit simple et rapide, comme une petite épreuve à passer pour devenir un homme, juste derrière la colline.

 

On a donc un panel de sujets assez sérieux qui sont évoqués dans ce roman. A commencer par l’autisme qu’on vit au travers de l’existence parfois pénible de Shell, de ces différentes tâches qu’il ne peut pas accomplir : lire, nettoyer les pompes à essence, être scolarisé normalement, s’intégrer, comprendre les codes sociaux…

Puis on va retrouver aussi l’alcoolisme, la solitude et une évocation vague d’un passé trouble tout ça dans le personnage du vieux berger, personnage très attachant et lourd de sens.

Toujours grâce à ce personnage mais aussi à la grand-mère de Shell et quelques remarques au hasard, on va comprendre le racisme et la peur de l’étranger, surtout d’Italie et d’Espagne dans cette partie de la France et à cette époque. Il va également, et de manière très floue, y être question des guerres et dictatures qui sévissent dans ces différents pays.

C’est donc, comme on peut s’en rendre compte, un livre riche qui touche à bon nombre de sujets forts.

Enfin on retrouve la question de la solitude et de l’amitié, solitude causée par l’autisme mais également par l’isolement géographique important.

Et c’est la que Viviane intervient.

 

Viviane est un personnage très fort, elle a beaucoup de caractère et au début on peut penser qu’elle ressemble à une petite peste parisienne qui veut tout avoir et se prend pour une reine, très vite on comprend que Shell et Viviane s’entraide, se maintiennent debout l’un l’autre. Que si Viviane est sa reine, Shell est peut-être son prince.

Elle lui ordonne de la traiter en reine et le jeune garçon s’exécute, il a conscience qu’elle raconte des bobards mais il aime avoir une reine, il se sent utile car c’est une mission à sa portée. D’obéir à Viviane et d’être son sujet, c’est une mission qu’elle lui a donné et qu’il peut exécuter sans tout gâcher comme toujours.

Et puis Viviane et sa seule amie, la seule qui l’accepte comme il est, sans être condescendante ou hautaine, elle l’accepte, c’est un enfant, c’est aussi son ami quoiqu’elle en dise.

Finalement le personnage de Viviane est plus profond qu’il n’en a l’air, elle souffre beaucoup et jouer à la reine avec Shell car quelque part c’est sa manière de se sentir vivante et importante.

Ils se sont finalement, d’une certaine manière, sauvés l’un l’autre.

 

D’ailleurs je parle de Shell depuis le début, mais ce n’est pas son prénom, c’est le surnom que Viviane lui donne à cause du blouson qu’il porte (portant le nom d’une marque d’essence : Shell) On ne connaît, et ne connaîtra jamais le prénom de ce petit garçon, ce qui, au final, accentue son insignifiance face au vaste monde auquel il appartient. Tout comme la dernière phrase, que je vous laisse découvrir, et qui m’a serré la gorge.

 

Pour finir, j’aimerai parler de la plume de l’auteur, qui est l’essence même de l’œuvre.

Son style est simple, tendre et subtil. Il nous émeut et nous transporte, nous bouleverse et nous fait comprendre ô combien nous sommes seuls, ô combien nous sommes petits.

Le roman joue peut-être trop sur la subtilité et les métaphores, ce qui est émouvant et lui donne son côté poétique, mais ce qui gêne aussi un peu la compréhension globale.

Finalement, je pense que c’est le genre de livre qu’on doit relire ou auquel on doit repenser très fort pour le comprendre dans son entièreté et l’apprécier à sa juste valeur.

 

Pour résumer, j’ai vivement apprécié cette lecture, elle est très douce belle et pleine de poésie, elle est aussi dure et terrible, franchement émouvante et prenante. Je dénote juste un manque de concret qui rend le tout un peu dur à comprendre. Pour un premier roman je suis impressionnée et attend un second roman de cet auteur avec impatiente et intérêt.

Amita

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose dire, ou juste par amour pour les mots. Je suis plutôt heureuse mais j'ai du mal à vivre, comme si je ne comprenais pas toujours la vie telle qu'il faut la vivre dans notre société actuelle. La lecture et l'écriture m'offrent alors deux échappatoires parfaites à ce monde, cette époque, et je me sens revivre.
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2 commentaires pour Ma reine – Jean Baptiste Andrea

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