♣ Saint-Patrick ♣ : où la vraie vie qui commence

♣ Saint Patrick  ♣

Ou la vraie vie qui commence

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Ce vendredi 17 mars, peut-être le saviez-vous et peut-être étiez-vous de sortie vous aussi, car c’était la Saint-Patrick

Et si moi, l’insociable casanière, je vous en parle, c’est que c’est quelque chose !

Imaginez des tas de gens, qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam mais qui boivent de la bière et entrechoquent leur pintes sur des airs irlandais avec des chapeaux et des barbes rousses !

J’exagère à peine…

J’étais déjà sortie à cette occasion l’année dernière mais je ne vous avez pas fait d’article, mais cette soirée en vaut bien un, surtout au vu de tout ce que j’ai déjà pu dire sur les soirées : en fait, j’aime bien ça !

J’ai même pu faire une petite analyse des goûts et façons de s’amuser de chacun ; il y a ceux qui ont besoin de l’alcool pour s’amuser, danser, rire, s’en foutre des autres ; ceux qui passent leur soirée sur leur téléphone à prendre des vidéos comme pour se souvenir qu’ils ont existé et surtout pour le prouver et enfin il y a ceux qui s’amusent simplement.

Mon analyse n’est évidemment pas complète, et nous ne sommes pas vraiment là pour ça ! Mais si je devais décrire mon genre de soirée, je dirai que je n’aime pas quand tout ne tourne qu’autour de l’alcool ou du sexe, j’aime rire, danser, faire la folle et évidemment boire est agréable mais ça ne m’est pas indispensable.

Bref, je vais commencer à raconter, et je pense que j’en ai pour quelques pages…

La cousine de mon copain nous a rejoint vers 19h, nous avons mangé chez moi, ri et j’ai appris que la seule différence qu’il y a entre les gens est celle que nous imaginons.

Puis nous sommes tout trois partis dans un premier bar, assez petit mais sympathique, nous y avons été rejoints par des amis de mon copain, nous étions désormais trois filles et bien plus de garçons.

J’ai bu plusieurs gorgées de bières, aussi dingue que ça puisse paraître, mais rassure-vous, je n’aime toujours pas ça, on ne peut pas tout changer en une nuit.

J’aimais surtout l’idée de me donner un genre, comme si je faisais ça tous les vendredis soirs, que j’étais coutumière des gorgées de bière volées.

Puis j’ai pris quelque chose de plus fort et encore quelque chose d’autre. Puis nous sommes partis, nous voulions plus de musique et de danse.

C’est à ce moment là que les chapeaux ont commencé à apparaître, de grands chapeaux noirs et verts avec une inscription « Patrick’s Day » j’en voulais tellement un ! L’an dernier j’avais réussi à obtenir un t-shirt du même genre !

Comme je le disais, donc, nous avons traversé la ville pour trouver un autre bar où nous pourrions danser, nous avons finalement atterri dans un café assez simple et plutôt vide à vrai dire, nous y avons bu un shot et sommes repartis aussitôt.

Et là nous avons décidé, pure folie, d’aller dans un bar irlandais, en ce jour traditionnel, quelle idée ! Mon copain et moi nous sommes faufilés jusqu’au bar avec difficultés et force « pardon » puis après une bière et une discussion très instructive avec un homme d’un certain âge au sujet du tirage de la bière, nous sommes retournés dans le premier bar, et là, je me suis vraiment sentie exister !

C’est là que j’ai compris pas mal de choses, le reste est venu plus tard.

J’ai compris que j’étais vivante et même intéressante au même titre que les autres, même si moi je n’en faisais pas des tonnes pour que les gens le remarquent.

J’ai compris que je pouvais même être plus drôle et intéressante que d’autres, il faut juste le vouloir. J’ai compris que la vie mérite qu’on la vive et que les livres nous apprennent beaucoup de choses mais ça n’a rien à voir de les vivre.

J’ai pris conscience que j’allais avoir 20 ans, merde, 20 ans ! Et que je n’avais pas vraiment vécu, et surtout, je voulais vivre, je voulais vivre cette vie là, cette vie d’étudiante, cette vie folle qui part à cent à l’heure.

Une vie où je fais rire les gens, pas parce qu’ils se moquent mais parce que je suis moi-même et que ça leur plaît. Une vie où les filles marchent en cadence avec moi, en me tenant par le bras et en riant aux éclats. Une vie où je suis au centre de ma propre vie, de ma propre historie et que je ne me contente pas de vivre l’histoire de quelqu’un d’autre dans un livre.

J’ai donc pris un autre shot ! Et je tenais encore debout ! J’avais eu un moment, vers 22h où j’avais commencé à raconter tout ce qui me passait par la tête, mais c’était déjà derrière moi, ma tête tournait un peu de temps en temps mais rien de bien méchant.

Quelques instants après notre arrivée, un groupe de 4 ou 5 hommes d’une trentaine d’années s’est approché affublé des fameux chapeaux, et tandis que mon copain commandait au bar, l’un d’eux m’a attrapé par les épaules et m’a demandé si je voulais boire un coup avec lui, j’ai serré le bras de mon copain, à la rescousse, et aussitôt l’homme m’a lâché.

Puis j’ai dit à l’un de ses amis que je lui payais une consommation contre son chapeau, après quelques tergiversations il a dit qu’il me le donnait même sans, puis a exigé un bisou, mon copain a serré les poings et a gentiment répliqué que c’était hors de question, donc j’ai eu un chapeau sans rien faire, simplement en regardant mon copain donner un bisou sur la joue à ce trentenaire très souriant.

Finalement par un heureux hasard nous nous sommes retrouvés 5 minutes après avec ce même groupe, l’homme qui m’avait proposé un coup à boire est revenu et m’a regardé en souriant « encore toi ?! »

Nous avons passé une bonne partie de la soirée ensemble, à rire et à raconter ce qui nous passait par la tête, il y a eu un peu de drague, mais la plupart des personne présentes savaient que j’étais prise et je me suis souvent vu répéter des phrases du genre « Tu as déjà un copain, va-t-en ! On ne peut pas te parler, trouve toi d’autres amis » le tout sur un rythme rieur et festif.

Le mot ami résonnant dans mon corps et dans mon cœur.

J’ai raconté à une fille que j’aimais bien me faire draguer, ça donne confiance en soi, je me sens bien, belle, intéressante. Je suis déjà très heureuse avec mon amoureux la question n’est pas là, mais lorsque plusieurs personnes vous font des compliments vous vous sentez forcement bien.

Cette fille m’a regardée de travers, comme si j’aimais être réifiée ou que je voulais tromper mon copain…

Après j’ai compris, elle n’a jamais été draguée d’une « bonne » façon. Je l’ai compris car ce soir-là il y a deux types de filles qui me sont apparus, celles à qui ont dit des choses du genre « Si tu me proposais une fellation, je dirai pas non » ou « Tu aimes sucer des bites, ça se voit »  et celles à qui on dit plutôt, sur un ton enjôleur, avec un sourire taquin « Tu veux boire un coup avec moi ? » « Tu es très mignonnes ». Et cette fille faisait partie de la première catégorie…

Faites attention à ce qu’on vous dit, faites attention à votre catégorie.

Et ce que vous montrez aux autres peut déterminer ce qu’ils croient que vous êtes, et parfois vous pensez vous mettre en valeur, quand vous n’offrez en fait qu’une image peu flatteuse de vous et qui amoindrie vos vrais charmes.

Je ferme la parenthèse, ceci servait d’introduction à une autre observation que j’ai pu faire. Mais évidemment on pourrait discuter longtemps sur cette distinction que j’ai pu constater, et je ne prétends pas non plus être un canon de beauté ou une femme sage et extérieurement intéressante, cette article est complètement subjectif et invite à la discussion modérée et calme.

Lorsqu’il a été évident que tout le bar savait que j’étais en couple, les gens continuaient à me parler mais d’une façon différente, moins dans la drague, plus dans la sympathie pure et simple, alors que les autres demoiselles se sentaient rougir, moi je me sentais bien (et certaines rougissaient sûrement parce qu’on leur proposait des choses pas très catholiques).

Je me suis alors sentie intéressante, je n’étais pas qu’une paire de fesses avec un verre d’alcool, j’étais une fille avec qui on parlait, riait et buvait, comme avec n’importe qui.

J’étais bien dans mes bottines, j’étais intéressante bon sang ! Et ça m’a donné confiance en moi, le plus incroyable c’est que je n’étais même pas bourrée et pourtant je me sentais quand même bien, à aucun moment je n’ai douté, ni ne me suis posé de questions, les choses venaient comme ça, naturellement.

Je vais vous passer les détails sur ce moment, ça reste magique et j’ai adoré cette soirée folle et ce moment en particulier, mais je vais passer à l’étape suivante.

Les jeunes hommes ont décidé de partir et nous les avons suivis de près, certains d’entre nous avaient faim, nous avons donc pris quelques instants pour manger dans un fast food, je ne m’y suis pas prêtée, je n’aime guère ce genre d’endroits, j’ai cependant conservé ma bonne humeur et souhaité connaître les futurs projets.

De grandes hésitations se sont fait sentir, les bars allaient bientôt fermer, mais nous ne voulions pas rentrer (j’avoue que pour une solitaire casanière, je ne voulais pas retourner chez moi)

Nous avons donc opté pour aller en boîte ! Une première pour moi. Certains on râlé « les boîtes j’aime pas ça du tout » et ceci a confirmé ma thèse sur l’amusement qui est très différent selon les gens et qui peut même sembler superficiel chez certains, encore une fois je serai ravie d’en discuter un peu plus.

Je tiens à préciser que de notre groupe (nous étions finalement 6 à la fin de la soirée) j’étais la plus vieille et pourtant c’est à moi, et à moi seule, que le videur a demandé de présenter une carte d’identité…

Heureusement je l’avais prise au cas où, à cause de mon petit minois fort enfantin, les barmans réclament une preuve de ma majorité bien entamée.

Après ce petit accroc qui m’a quand même rendu un peu triste, nous sommes entrés dans la boîte où le barman nous a offert un shot a chacun et j’ai commencé à danser en entraînant mon copain qui ne m’aurait jamais suivi sans tout cet alcool  !

Il y avait donc les faux rigolos, ceux qui passent la soirée sur leur téléphone et prennent des vidéos pour montrer aux autres ô combien leur vie est incroyable, et ceux qui la vivent vraiment, mais personne ne le saura jamais.

Je me suis amusée comme une folle, je voyais mes mains, mes bras et mes pieds, dans la lumière électrique de la boîte, je me voyais de l’extérieur et j’avais l’air de quelqu’un qui s’amuse et qui profite de sa jeunesse, et je ne me posais pas de questions.

C’est comme si mon corps bougeait et s’amusait mais que mon âme, mon cerveau et ma conscience avaient quitté les lieux et m’observaient avec un air de contentement mêlé de fierté « Enfin, elle a pris son envol, elle a cessé de trop penser : elle s’amuse »

J’ai constaté également que les filles qui ont l’air le plus à l’aise et qui ont l’air le plus cool et sociable, ne le sont pas forcément. La mise en pratique pure et dure ce n’est pas pareil que l’exercice dans sa zone de confort.

C’était incroyable, je dansais ! Je dansais comme jamais et parfois je fermais les yeux et je sentais mon cœur battre en rythme dans tout mon corps.

Je me sentais jeune et folle, je me sentais vivante et j’avais vraiment l’impression de vivre, je me disais « Tu peux être quelqu’un de bien et t’amuser ; et vivre pleinement ta vie »

Le lycée est révolu, et cette vie là n’a plus rien à voir !

Puis nous sommes rentrés et j’ai très bien dormi, aucun cauchemar n’est venu hanté mes nuits.

Cette soirée restera gravée dans ma mémoire, car en plus d’y avoir appris beaucoup de choses sur les gens et la jeunesse, j’y ai surtout appris à vivre, et ça c’est tellement plus précieux.

La jeunesse est si précieuse.

Mais attention, ma vie ne va pas changé du tout au tout, j’adore toujours lire, et ma vie va rester à peu près ce qu’elle est, simplement, je sais ce que c’est que sortir, s’amuser, être jeune, et je sais que j’aime en profiter, mais il ne faut pas non plus tout confondre, lire est aussi une superbe façon de s’amuser pour moi (et ça reste ce que je préfère dans la vie !).

Mais ça fait du bien de se sentir jeune, belle, folle et vivante !

Finalement la chose la plus importante que j’ai comprise c’est celle-ci : Je vais avoir 20, 20 ans merde ! Et je suis prête à vivre !

 

 

 

Amita !

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose dire, ou juste par amour pour les mots. Je suis plutôt heureuse mais j'ai du mal à vivre, comme si je ne comprenais pas toujours la vie telle qu'il faut la vivre dans notre société actuelle. La lecture et l'écriture m'offrent alors deux échappatoires parfaites à ce monde, cette époque, et je me sens revivre.
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2 commentaires pour ♣ Saint-Patrick ♣ : où la vraie vie qui commence

  1. LaPtiteFee dit :

    La St-Patrick, l’Irlande, l’Ecosse, la Bretagne, et toutes les musiques celtiques de la Terre sont magiques ❤ la Celtie est si grande 😉

    J'aime

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