Matriochka

Coucou,

 

Soyez indulgents, je vous pris ! Je vous propose un texte, il peut avoir une suite, comme il peut ne pas en avoir…

Il est assez bref et a été rédigé assez « vite » sous le coup de ce qu’on peut appeler l’inspiration.

C’est un test, une version beta, mais l’idée commence à me plaire, je crois.

 

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Ania tenait une toute petite échoppe, elle y vendait des jouets qu’elle confectionnait elle-même, de petits jouets en bois.

Il y avait des animaux étranges et inconnus, des maisonnettes et leurs mobiliers, de très jolis miroirs de poche sculptés et même de simples petits cubes de construction, elle vendait et fabriquait une multitude de joues.

Mais le jouet dont elle était la plus fière, c’était une petite poupée russe qu’elle avait confectionnée dans le murmure d’un souvenir.

Chaque objet avait une histoire, et c’est ça qui le rendait magique, et même presque vivant.

Par exemple, les animaux avaient été taillés après une promenade avec son oncle, il l’avait emmené plus loin que les limites de la contrée, hors des frontières, dans une forêt très dense et touffue, où régnait une odeur de vieux bois, de contes pour enfants et de biscuits chauds, il lui avait montré toutes sortes de créatures, mi animaux-mi esprits, et en rentrant, elle avait voulu tailler ce souvenir dans le bois.

Tout le monde se les était arraché, et encore maintenant, c’est ce qu’elle vend le plus. Les gens félicitent toujours son incroyable imagination, sans se douter de ce qui se cache juste à côté d’eux, derrières les frontières de leur vie.

Les maisonnettes ainsi que leur ameublement dataient du jour où un étranger était venu dans leur village. Il voyageait pour son travail, disait-il, il cherchait des matériaux, toujours nouveaux, il voulait être le premier à trouver le détail, le matériau, la pièce manquante à tout un chacun.

Il rêvait de construire des maisons, des meubles, des choses utiles, mais pas de la façon dont les autres le faisaient déjà, il avait donc décider de traverser le monde pour trouver ce quelque chose qui changerait tout !

A son départ pour de nouvelles contrées, Ania avait décidé d’essayer d’innover, elle aussi, mais toujours avec du bois, son élément. Elle avait donc tenté de construire de nouvelles formes, de peindre avec de nouvelles couleurs, de rajouter des éléments simplement beaux et non utiles dans ses maisonnettes.

Et ça avait plu aux villageois, il trouvaient ça exotiques, bien que la plupart n’ait jamais voyagé, ils avaient ainsi l’impression d’être face à une nouvelle culture.

Les petits miroirs avaient également une histoire, bien que moins fascinante, mais tout de même importante. Ania était allée se promener au bord de la Rivière aux Larmes, une rivière entourée d’une légende un peu mystérieuse et presque oubliée au fil du temps. Elle s’y était baignée et avait été attirée par une lueur, un scintillement au fond de l’eau.

Elle avait plongé plus profondément, jusqu’à atteindre le sol vaseux de la rivière, qui n’était en fait pas si profonde que ça.

Et là, réfléchissant les rayons du soleil, un petit miroir usé et tout rond, seul et abandonné.

Elle l’avait ramené à la surface, avait contemplé encore un peu l’eau douce en se rappelant des bribes de cette fameuse légende, et en rentrant, elle avait nettoyé le miroir et sculpté des formes de gouttelettes tombant lentement pour former des vagues délicates dans un morceau de chêne.

Depuis elle confectionnait souvent ce genre de petits miroirs.

Même les cubes de construction avaient une histoire, la boulangère était enceinte, l’accouchement était prévu pour très bientôt.

Ania n’avait jamais vu un bébé auparavant, il faut dire qu’elle restait souvent dans son petit monde de bois et de magie.

Lorsque le bébé était né, il n’avait rien d’autre pour jouer que le rouleau à pâtisserie de sa mère. Ania avait donc eu l’idée de lui confectionner des petits cubes qu’il utiliserait comme bon lui semblerait, et qu’il pourrait toujours garder, car après tout, des cubes, ça sert toujours.

Pour la petite poupée, c’était différent, c’était plus personnel, plus amer aussi. Ce n’était même pas vraiment un souvenir, plutôt comme une vieille légende, une historie racontée au coin du feu et qui reste très floue.

C’est son oncle qui le lui avait raconté, enfin, ce n’est pas vraiment son oncle, en réalité elle n’a plus de famille.

Et c’est justement cela qu’il lui a raconté.

Lorsqu’Ania était enfant, elle vivait avec ses parents et une flopée de frères et sœurs dans une grande ville avec de hauts bâtiments de pierres rouges et des marchés couverts courant sur des kilomètres, rien à voir avec son petit villages aux maisonnettes fragiles et aux échoppes minuscules.

Ania ne se souvient de rien et son oncle n’avait pas l’air très préoccupé par les détails et ne s’embarrassait pas de longues phrases descriptives.

Elle sait juste qu’un jour, des hommes ont frappé à leur porte, et à ce son, sa mère est devenue très pâle et a caché Ania dans une salle obscure, sous des linges, avec à peine assez d’espace pour respirer.

Sa mère n’est jamais revenue la chercher.

C’est son oncle qui l’a trouvée, il fouillait la maison, à la recherche de quelqu’un qui manquerait à l’appel, lorsqu’il l’a entendu pleurer et est venu la prendre dans ses bras.

Lui et sa femme l’ont recueillie et élevée comme leur propre fille, lorsque que la pauvre femme est décédée peu d’années après, ils sont partis vivre plus loin, beaucoup plus loin, dans ce village aux limites du monde, aux limites de l’imaginable.

Le seul souvenir de son ancienne vie, qui n’aura pas durer bien longtemps, c’est un petit médaillon doré en forme de poupée russe qui se trouvait autour de son cou, à l’intérieur de ce médaillon il y a une vieille photo cornée d’une très élégante femme : sa mère.

Sa poupée russe.

Depuis lors, elle a confectionné beaucoup d’autres poupées russes, mais la première, jamais elle ne la vendra, ce n’est pas un jouet, c’est tout ce qu’elle possède de plus précieux, hormis ce médaillon.

Aujourd’hui, elle tient son échoppe de jouets en bois, qu’elle confectionne elle-même, dans un village paisible et léger avec son oncle et sa poupée russe, seul vestige de sa vie d’avant.

Mais qu’adviendrait-il si Ania décidait de partir à la recherche de son histoire ?

La vérité, ce que son oncle ne lui a pas dit, c’est qu’il ne l’a pas sauvée, il l’a enlevée.

Amita

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose dire, ou juste par amour pour les mots. Je suis plutôt heureuse mais j'ai du mal à vivre, comme si je ne comprenais pas toujours la vie telle qu'il faut la vivre dans notre société actuelle. La lecture et l'écriture m'offrent alors deux échappatoires parfaites à ce monde, cette époque, et je me sens revivre.
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