Une nuit à Liverpool

Encore un vieux texte, il date de 2011, et oui, je sais ! A cette époque j’avais un petit souci d’idées noires, et ça a persisté quelques temps, mais là ça va


 

La nuit était tombée sur Liverpool, quelques voitures s’alignaient gentiment sur la chaussée, Personne n’osait rompre le doux silence de la nuit.

Personne, même pas cet homme en blouse noir, solitaire, l’air inquiétant dans cette rue déserte, le visage balafré par une énorme cicatrice, ses grands yeux marrons injectés de sang regardant de chaque côté de la rue sombre comme s’il avait peur d’être suivit.

La lueur des phares d’une voiture a éclairé brièvement le passant de dos puis la voiture s’est arrêtée net. Le conducteur a éteint le contact et les phares.

Une femme est sortit de l’habitacle un sac à main noir pendant à son poignet, sa longue robe mauve glissant sur le sol pavé, ses talons raisonnant dans la nuit glacée et silencieuse.

Cette scène avait quelque chose d’inquiétant, comme une ombre qui ondule doucement sur vos rideaux…

Cette scène je ne l’ai pas vu, c’est l’enfant de la maison d’en face qui me l’a racontée, perché sur le rebord de sa fenêtre il a tout vu.

La rencontre de deux anglais, leurs échanges de regards & le meurtre,

Le problème, c’est qu’il ne m’en confit jamais plus.

Il débute son récit, ses yeux se ferment, il revoit la scène je le sais, il serre les poings et se lance. Il me répète chaque détails gravé dans sa mémoire, leurs habits funestes, les regards qu’ils jetaient derrière eux, tout ces petits détails, il s’en souvient car chaque soir il les revoit, comme si il lisait cela dans un livre aux pages jaunis par le temps. Malheureusement il s’arrête toujours au même endroit, au même mot, virgule pour virgule.

Sa phrase reste en suspend dans l’air humide, ses mots se perdent, ses yeux s’écarquillent et on y voit toute la souffrance de cet enfant, ses pupilles se dilatent et ses poings se desserrent.

Et il reste assis des heures entières le regard tourné vers cette fenêtre qu’il aurait préferé n’avoir jamais regardé.

Il ne pleure même plus.

 

Amita

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A propos Amita

Étudiante en lettres modernes, je souhaite travailler dans le monde du livre ! Jeune rêveuse, j'adore lire et m'évader entre deux pages jaunies, il m’arrive aussi d'écrire quand j'ai quelque à chose dire, ou juste par amour pour les mots. Je suis plutôt heureuse mais j'ai du mal à vivre, comme si je ne comprenais pas toujours la vie telle qu'il faut la vivre dans notre société actuelle. La lecture et l'écriture m'offrent alors deux échappatoires parfaites à ce monde, cette époque, et je me sens revivre.
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