[Greenita] Faut-il manger les animaux ? – Jonathan Safran Foer

Bonjour !

 

C’est avec ce deuxième article « vert » que je vous retrouve pour continuer l’inauguration de ma nouvelle rubrique : Greenita. Une rubrique consacrée aux animaux, à l’écologie, au végétarisme, au zéro déchet…. Greenita étant la contraction de Green et Amita.

Cela fait maintenant un peu plus de 20 jours que je suis végétarienne et environ 4 mois que je m’intéresse réellement à la cause animale. J’ai donc commandé pas mal de lectures sur le sujet et j’ai hâte de toutes les lire et de vous en parler. Pour le moment, voici un classique lorsque’on parle du traitement des animaux d’élevage.

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Photo prise de mon Instagram (cliquez ici)

 

Note : ★★★★

Dans cet essai sociologique, Jonathan Safran Foer, romancier américain, évoque le triste sort des animaux d’élevage industriel aux États Unis. Il en profite pour poser la fameuse question qui tient lieu de titre : faut-il manger les animaux ? Si oui, ceux provenant de quels élevages ? Si non, pourquoi ?

Il commence par raconter sa propre histoire. Son désir plusieurs fois avorté de devenir végétarien. Son peu de volonté dans la démarche car finalement il se sentait assez peu impliqué dans le sort des animaux et le marché de la viande (et pourtant, en tant que consommateurs, on a déjà beaucoup, beaucoup d’impact sur ce marché). Il raconte le délicieux poulet-rôti de sa grand-mère, il nous parle du fait de manger comme une tradition, comme un rituel, un passage, une histoire.

La fin de son essai, de sa réflexion fait d’ailleurs écho à ce début. On évoque Thanksgiving, fête très importante sur le continent américain. On évoque les dindes, ce qui nous ramène à ses questions d’histoire et de traditions. Mais cette fois l’auteur a fait un choix, il a compris des choses, il en prône d’autres, il en inculpent aussi certaines.

Entre tout cela, on retrouve des descriptions de visites d’abattoirs ou d’élevages, des lettres d’éleveurs, de consommateurs, de membres de PETA…., des anecdotes, des questionnements. On retrouve également des chiffres (un peu trop, on s’y perd, entre les années, les pourcentages et autres chiffres terminés de beaucoup de zéros) des expériences, de l’Histoire…

Il commence par nous parler de lui, de sa vie, ce qui l’a poussé, une énième fois à penser au végétarisme. En l’occurrence, la naissance de son fils. Alors a commencé un questionnement sur la nourriture et sur l’impact qu’ont nos choix sur le monde qui nous entoure.

Puis, par une sorte de raisonnement par l’absurde, l’auteur nous prouve qu’on ne traite absolument pas les animaux de la même façon, car là où jamais nous ne mangerions notre chat ou notre chien, nous prétendons aimer un cochon, une vache, un poulet, mais le mangeons quand même. Pourquoi ? Pourquoi certains animaux sont à nos côtés et d’autre dans nos assiettes ? Alors que ces mêmes animaux que nous n’imaginons pas manger le sont dans d’autres cultures.

Ensuite l’auteur, durant trois ans, s’est informé et a rencontré une multitude de personnalités liées de près ou de loin à l’industrie de la viande. Il a également visité, illicitement ou non, des abattoirs. Il nous conte ses visites, ses rencontres. Nous retranscris des lettres : des végétariens qui construisent des abattoirs et s’expliquent, des végétariennes qui élèvent du bétail pour la consommations, des membres de PETA….

Parfois difficile à lire, les descriptions insalubres des abattoirs ou les explications choquantes mais bien réelles et pas forcément exceptionnelles des processus d’élevage et d’abatage sont pourtant la clef de ce livre. Ils permettent de réellement comprendre ce qu’est la viande que nous mangeons.

Ce livre permet de comprendre que le cochon que vous mangez n’a jamais été un cochon, il n’en a plus les caractéristiques, trop souvent modifié génétiquement, il n’en a même plus le goût, trop stressé et torturé.

Il parle beaucoup des élevages industriels, qui sont le centre de sa réflexion, mais il en profite pour évoquer les élevages traditionnels, et en soutient même un ou deux. Car pour lui manger de la viande n’est pas mal en soi, c’est la manière de le faire qui doit complètement être revue. Les élevages traditionnels sont pour le moment, à ses yeux, ce qui se fait de mieux et c’est pourquoi il nous en fait visiter, au travers de ses mots, quelques uns.

Tout en essayent de rester objectif, l’auteur pousse sa réflexion. Aux premières pages du livre, il en est au même point que nous, il début le récit aussi naïf, voire plus, que le lecteur. Il débute son essai avec même une légère tendance à se déculpabiliser concernant la viande. Mais lorsqu’il termine son récit, il a appris beaucoup de choses et a acquis énormément d’expérience. Il est un homme nouveau avec de nouvelles convictions et de nouveaux combats peut-être aussi. Pourtant, il n’est jamais accusateur vis-à-vis du lecteur.

Peut-être votre avis divergera un peu, ou beaucoup, peut-être le trouverez-vous toujours aussi inconscient et ignorant, toujours aussi naïf. Mais il a grandi et changé, c’est indéniable et c’est déjà énorme. Et ce livre peut en faire réfléchir plus d’un.

Pour finir, il ne faut pas oublier que ce livre est américain, qu’il décrit l’Amérique d’aujourd’hui vue par les yeux d’un américain. Il ne faut pas le prendre comme un repère universel. De plus, en Europe, les lois sont différentes et l’Union Européenne est un peu moins laxiste au sujet des animaux (tout dépend du pays…) Mais la situation reste grave, même en France, même en Allemagne, même au Portugal ou en Belgique (d’ailleurs on applaudit ces derniers pour toutes les mesures animalières qu’ils viennent de prendre !)

Le combat n’est pas fini ! Chacun avance à son rythme, fait les gestes qui lui conviennent. Un petit pas est déjà un pas. Mais ceci est important et ça nous concerne tous.

Tout le monde mange, de la viande ou non, tout le monde va au supermarché ou au restaurant, tous nos gestes et nos mots ont des répercussions sur notre société, d’une façon ou d’une autre. Nous sommes impliqués, peu importe ce que nous en pensons.

 

Amita

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Presque maintenant – Cyril Bonin

Bonjour

 

Je suis désolée de me faire rare. Depuis mon retour de vacances, j’ai un peu du mal à me plonger dans un roman. Je lis beaucoup d’essais, de mangas et de BDs en revanche.

Et voici l’une de mes dernières lectures !

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Je sais que c’est les vacances, mais dans cette histoire, nous retrouvons trois étudiants, mais rassurez-vous, on ne va pas beaucoup parler d’études.

Alexis rencontre Anna à la bibliothèque, finalement, il lui présente son colocataire Félix et nos trois étudiants vont très vite devenir très proches. Mais l’amour va s’immiscer. Au delà de ça, Félix tente de créer un médicament, des nanopillules, qui permettrait de connaître notre état de santé en temps réel ainsi que notre espérance de vie.

C’est dans ce contexte que nous allons donc évoluer.

Concernant le dessin dans un premier temps, je n’ai pas trouvé le traitement des couleurs très agréable. Tout est dans des tons jaunes et assez fades et les traits semblent un peu grossiers. Mais l’histoire n’en perd pas de charme.

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J’ai beaucoup aimé l’histoire d’amitié puis d’amour qui se crée. On s’attache à certains, on ressent beaucoup de choses pour d’autres. On suit ces amis durant 5 ans, on est donc assez attachés à eux et à ce qui leur arrive. On se revoit peut-être même durant nos propres années d’études. L’histoire ets donc en soi très simple mais très travaillée au niveau des sentiments et des questionnements.

J’ai trouvé, en revanche, que le temps passait un peu trop vite. En effet, 5 années s’écoulent en très peu de pages. Ce qui finalement nous laisse assez peu de temps pour digérer ce qui se passe.

Au delà des questions d’amour et d’amitié, la BD pose beaucoup d’autres problèmes. Que se passerait-il si nous connaissions notre état de santé en temps de réel ? Et si, par conséquent, nous avions la capacité de de le modifier ? Serait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Faut-il privilégier la santé au risque de se priver de bons nombres de plaisirs ? Où est la limite entre être en bonne santé et être obsédé par sa santé ? De plus, le stress de ce contrôle permanent de soi n’engendre pas que des bonnes choses. C’est sur ce point plus que tout autre que cette BD mérite qu’on parle d’elle.

 

Amita

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[PAL] Pile à Lire #été2018

Bonjouuur !!

 

Il fait beau ! Le soleil, les vacances, les glaces ! Que de bons plaisirs en été !

Je vous propose donc ma pile à lire de cet été (juillet + août) elle n’est pas vraiment « estivale » et il n’y a pas de feel-good (les « lectures de l’été » par excellence/) car je n’aime pas ça. Mais voilà, c’est ce dont j’ai envie/besoin.

Elle se divise en 4 catégories, mais il y a deux catégories que je ne pourrai pas détailler.

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  1. Les livres de cours : Ce sont les livres que je devrai lire pour ma 3ème année de lettres modernes, du moins pour le premier semestre de cette dernière année de licence. Je ne peux pas détailler cette catégorie car je n’ai pas encore la liste des livres à lire. Mais je vous ferai sans doute un article pile à lire de mes lectures de cours.
  2. Les livres de ma PAL : Ce sont les livres qui traînent dans ma PAL et que je dois/veux lire. Ma PAL a beaucoup diminué et je ne perds pas espoir de la vider totalement avant la fin de l’année ! Elle n’est plus qu’à une toute petite dizaine de livres. (Je détaille en dessous)
  3. Les livres de ma Whislist : J’ai quand même sélectionné des livres dans ma Wishlist car j’ai envie d’en découvrir certains. (Je détaille en dessous) 
  4. Les livres « non-romans » : Ce sont des livres sur le 0 déchets, le végétarisme ou les droits des animaux qui me tentent beaucoup en ce moment. Je ne vous les liste pas car il y en a beaucoup et de toute manière, j’ai très envie de vous en faire des articles spéciaux.

♦♦♦

 

Catégorie 2 = On vide la PAL ! 

 

  • Ma cousine Rachel – Daphné du Maurier : C’est l’un des plus vieux dans ma PAL, il date d’octobre dernier mais je n’ai pas eu le temps de le lire, puis je n’avais plus envie… Maintenant j’ai envie et le temps, donc allons-y !
  • Ma vie de pingouin – Katarina Mazetti : Je l’ai acheté en vacances. Je voulais tester des lectures de chez Babel et celle-ci me tentait bien. Evidemment, il n’est pas de saison, mais disons que l’Alaska et les pingouins vont me permettre de supporter la chaleur estivale !
  • Lolita – Vladimir Nabokov : On me l’a offert à Noël, il est temps que je le lise, mais il me fait un peu peur car il est gros et je en sais pas trop ce que je vais y trouver. Mais je suis en lettres, je dois le lire ! Et une amie vient de le terminer et m’en a dit beaucoup de bien.
  • Miniaturiste – Jessie Burton : Lui, c’est le plus vieux  ! Il est dans ma PAL depuis 1 an et demi, et c’est pas faute d’avoir envie de le lire pourtant.

 

Catégorie 3 = On fait des découvertes !

 

  • Les monades urbaines – Robert Silverberg : Mon père m’en a beaucoup parlé et depuis j’ai très envie de découvrir cet étrange univers de SF. Je voulais déjà le découvrir il y a 3 semaines, à mon retour de vacances.
  • Les annales du Disque-Monde, Tome 7 – Terry Pratchett : Encore une fois, merci papa. C’est lui qui m’a donné envie de découvrir cet univers et aujourd’hui j’en suis moi aussi complètement accro ! Du coup, j’ai terriblement envie de dévorer un autre tome.
  • Le livre des merveilles – Marco Polo : On sort un peu des romans et de l’imaginaire pour se plonger dans le récit des découvertes du célèbre explorateur italien. Je suis tellement curieuse de lire ce livre dont on m’a tant parlé durant mes cours d’italien au collège et lycée !
  • Shahra, Toma 1 – Charlotte Bousquet  : Il est dans ma whishlist depuis à peine trois jours, j’ai vu la couverture et le résumé et ça m’a donné envie. Je n’ai pas cherché plus loin. Être spontanée c’est bien aussi parfois !
  • Une connaissance inutile – Charlotte Delbo : Récit de son séjour à Auschwitz pour avoir fait partie de la Résistance, elle retrace, sous forme de courts textes, parfois de poèmes, sa triste histoire. Ce qu’elle a vu, ce qu’elle a compris. Il y a trois « tomes », celui-ci est le deuxième et il y a dedans un poème (cliquez sur le poème, il apparaîtra)  que je trouve bouleversant. C’est pour ça que je désire lire ce tome-ci par dessus tout. C’est vraiment une lecture affreuse mais elle est nécessaire. Elle fait prendre conscience, elle bouleverse….

 

♦♦♦

C’est terminé pour ma PAL de l’été ! Et vous, quelle est la vôtre ? Je vous fais de gros bisous et vous dis à bientôt pour la chronique d’un de ces livres (on croise les doigts !)

 

Amita

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Tsukushi – Aki Shimazaki

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Résumé : Lors de la fête du treizième anniversaire de sa fille Mitsuba, Yûko découvre qu’un secret peut en cacher un autre : trahisons et doubles vies risquent bientôt de bouleverser sa vision du bonheur et le cours de sa vie. Après Mitsuba, Zakuro et Tonbo, composés avec la même sobriété pleine d’empathie, Tsukushi est le quatrième volet d’un cycle romanesque consacré au silence et à la violence des lois sociales au Japon.

Note :  ★★★★

Dans ce tout petit ouvrage, nous allons plonger dans la vie d’une femme japonaise, mère de la jeune Mitsuba et mariée à l’héritier de la banque Sumida.

Aux premiers abords, cette histoire est tout ce qu’il y a de plus simple voire carrément banale. Pourtant on ne peut s’empêcher de tourner les pages avec avidité, car au fond de nous, on sent que quelque chose cloche.

Et la tension monte tellement qu’on tourne les pages frénétiquement jusqu’à découvrir enfin ce qu’on soupçonnait déjà.

L’autrice nous emmène au cœur du quotidien de cette famille mais on ne s’y ennuie pas, on écoute sagement l’histoire de cette femme tout en attendant le moment où tout va s’écrouler. Car on le sait, que ça va s’écrouler.

L’écriture est simple, comme une amie qui nous ferait une confidence.

Les personnages sont également assez simplistes, des traits de base ébauchés pour nous faire voir des caractères, pour nous faire comprendre des intrigues.

L’ouvrage fait d’ailleurs partie d’une série de cinq romans « Au cœur de Yamato » où on découvre tour à tour les destins de certains personnages croisés au fil des pages et des romans. Mais l’histoire reste parfaitement compréhensible si vous voulez commencer pas celui-là ou ne lire que ce tome-ci.

Finalement, pour moi ça a été une très bonne lecture. Légère mais prenante, qui nous plonge dans un quotidien qui, durant une centaine de pages nous fat oublier le nôtre. Une intrigue simple mais efficace et des personnages que j’ai hâte de redécouvrir dans les autres romans de cette série.

 

 

Amita

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[Greenita] Végétariens, le vrai du faux – Anne Jankéliowitch

Bonjour,

 

Je vous retrouve avec un ouvrage un peu particulier. Cela fait très peu de temps que j’ai commencé à lire des livres non-fictifs, des essais ou des livres un peu moins scientifiques sur des sujets un peu variés et qui ne sont pas des romans. Par conséquent je commence à intégrer ces lectures à mon blog aussi car ce sont des lectures très enrichissantes et épanouissantes et j’ai envie de partager cela.

Vous allez donc prochainement retrouver (je pense) des critiques sur des ouvrages concernant le bouddhisme, la sagesse hawaïenne, le traitement des animaux ou encore le zéro déchet (je prends d’ailleurs toutes les suggestions d’ouvrages ou de pratiques)

A ce sujet, je pense créer une catégories toute spéciale pour les question du traitement des animaux, du végétarisme, de l’écologie et du zéro déchets. Ça sortira un peu du cadre des livres mais je commence vraiment à m’y intéresser (et à travers les livres en plus)

Dites-moi si ça vous plait ou non et quel est votre avis sur ces différents sujets ainsi que sur mon idée d’ouverture d’horizon pour le blog.

Pour inaugurer cette catégorie, je vais commencer par ce tout petit ouvrage !

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Ce tout petit livre de 167 pages vous donnera les clefs de départ pour devenir végétarien (ou flexitariste – à savoir végétarien à temps partiels : c’est-à-dire manger de la viande et/ou du poisson de temps en temps, réduire sa consommation en somme et prendre des produits responsables)

Ce livre aborde les points importants et les questions fréquentes concernant le végétarisme avec beaucoup d’efficacité et de simplicité. Cependant, il n’entre pas assez dans les détails, pour plus d’informations sur un des points évoqués, il vous faudra vous diriger vers un autre livre, plus spécialisé (sur la santé, les carences, le respect des animaux, le végétarisme chez la femme enceinte pour ne citer que ces thèmes-là)

Le livre commence par une introduction assez courte mais très intéressante. Je tiens à souligner que ce livre aborde beaucoup d’aspects, certains avec plus de simplicité que d’autres, mais il est très compréhensible dans l’ensemble. Le seul bémol reste la fragile construction littéraire, les phrases sont trop longues et se perdent parfois. On peut également ne retrouver qu’une succession de chiffres, de statistiques et de mesures durant tout un paragraphe, ce qui peut avoir tendance à nous égarer.

Mais de manière générale c’est un très bon ouvrage sur le sujet. Très simple pour débuter et poser les bases.

Nous retrouvons ensuite une partie historique. L’autrice explique qu’on ne peut pas justifier le végétarisme en regardant nos ancêtres. A toutes les époques, l’homme a été omnivore, pouvant ainsi se nourrir de graines, de fruits, de carcasses d’animaux morts et par la suite d’animaux chassés.

Cependant, d’autres études, qui se basent sur notre physionomie, tendent à prouver que notre corps est plutôt celui d’un végétarien que d’un carnivore : dents pour mâcher plus que pour arracher, canines peu pointues, absence de griffes, pas d’aptitudes particulières pour la course, pas d’odorat ou d’ouïe suffisamment puissants…

C’est donc un début tout à fait nuancé. Et tout le livre marchera sur cette ligne directrice. A savoir que l’autrice nous apporte des études, des chiffres, des faits mais nous explique aussi que le régime végétarien, bien qu’apparemment plus sain et plus respectueux de l’environnement et des animaux, n’est pas parfait non plus.

Anne Jankéliowitch est constamment dans la nuance. A chaque fin de chapitre elle reprend intelligemment les points évoqués et nuance son propos : Oui, c’est bien pour telles raisons, mais attention il faut aussi prendre ceci et cela en compte.

Finalement un autre point très intéressant c’est que l’ouvrage n’est absolument pas moralisateur et n’a pas pour but de faire culpabiliser qui que ce soit. A aucun moment elle ne nous dit : Manger de la viande c’est le MAL ! Ou encore : il faut être un vegan irréprochable ! Non, elle nous explique des faits, nous rassure, nous apporte des clefs et nous précise que chacun avance à son rythme, trace sa route à sa manière. Ce sont vos croyances, vos convictions. Vous devenez (ou non) végétariens pour les raisons que vous choisissez (éthiques, morales, politiques, religieuses, médicales) et vous avancez à votre rythme dans votre démarche. Faire un petit pas, c’est déjà faire un pas.

Enfin, on arrive au cœur du sujet : pourquoi être végétarien.

Elle y aborde plusieurs points : santé, environnement, respect des animaux, lutte contre la faim dans le monde… En apportant à chaque fois des idées et des études pour approfondir et débattre sur chaque point.

En effet, il semblerait qu’avec un régime végétarien, les risques de cancers, de maladies cardio-vasculaires, de diabète et d’obésité soient bien moins importants.

Elle précise quand même qu’il y a d’autres facteurs à prendre en compte : vos gênes, votre environnement, votre pratique du sport, si vous fumez, buvez….

Le régime végétarien aurait également moins d’impacts négatifs sur l’environnement et évidemment (mais ce point semble logique) serait plus respectueux des animaux.

Pour en savoir plus et être mieux informés je vous conseille de lire le livre et de compléter ensuite si un point en particulier vous intrigue.

Elle parle ensuite brièvement des raisons pour lesquelles nous ne sommes pas végétarien. C’est un passage tout à fait intéressant qui m’a appris à me cerner. A comprendre en effet ce qui me gênait et pouvait être source d’obstacle.

Ça peut être le goût de la viande que l’on aime, la peur de s’écarter des pratiques sociales ou bien la peur de la réaction des autres. On peut également trouver la démarche compliqué (à tort) et se sentir dépasser.

D’ailleurs elle rappelle qu’il est très mal venu de juger les autres, que ce soit les végétariens ou les « omnivores » et que, de même, il est mal venu de pousser les autres à adopter vos pratiques ou vos convictions.

Le chapitre suivant m’a malheureusement un peu déçue. C’est un chapitre sur « qui sont les végétariens » je ne l’ai pas trouvé nécessaire, ni même très instructif. Elle y explique qu’en moyenne, les végétariens le deviennent vers la vingtaine et sont issus d’un milieu social favorable avec un niveau d’études élevé et ont des revenus moyens. De plus, elle ajoute que les végétariens « votent à gauche »

Personnellement je pense que cette dernière phrase perpétue le clivage gauche/droite et surtout ancre l’idée que les écologistes sont forcement à gauche. Pour moi, tous les partis politiques devraient être écologistes. Il est inconcevable qu’au XXIème siècle, il y ait encore besoin de faire une différence. L’écologie est un problème grave et tous les partis, tous les politiques devraient s’en soucier ! Cela ne devrait pas être un parti à part.

Mais ce qui m’a également chagriné c’est qu’elle énumère une sorte de norme. Ainsi le végétarien en devenir qui lira ces lignes et qui ne respectera pas les « critères » évoqués se sentira rejeté, exclu. Il pensera qu’il ne peut pas ou ne doit pas devenir végétarien.

Même si ses motivations sont autres en ajoutant ce chapitre à son livre, je crains qu’il puisse être mal interprété ou mal vu.

Pour revenir sur une note plus positive, après ce petit chapitre malencontreux, elle aborde les changements liés à ce nouveau régime alimentaire.

Elle y parle évidemment des carences et nous rassure sur ce point. Malheureusement j’ai trouvé le chapitre un peu compliqué et j’ai dû le compléter avec des vidéos documentaires et d’autres textes.

Le chapitre suivant, concernant les nutriments et comment tous les avoir dans son assiette, a été pour moi un réel soulagement. Beaucoup plus clair que le précédent et très complet, il m’a apporté beaucoup de clefs pour commencer. Je pense quand même qu’il est utile de le compléter avec d’autres lectures ou vidéos.

Anne Jankéliowitch s’attaque ensuite à une autre source de débats : les personnes qui peuvent ou non entreprendre ce régime alimentaire.

Elle y parle des femmes enceintes, des personnes âgées, athlètes, enfants… N’étant concernée, pour le moment, par aucun de ces cas, je suis passée rapidement dessus. Mais vous y trouverez votre compte et pourrez toujours compléter par d’autres ouvrages spécialisés.

Vous vous en doutez, elle aborde ensuite la question du bio et aussi du prix.  Beaucoup s’inquiètent de payer plus chers, mais finalement, étant donné que les végétariens n’achètent plus de viandes, les dépenses se stabilisent.

Concernant le bio et les commerces de proximité ou à circuits courts, elle préconise d’aller y acheter nos produits mais vous pouvez très bien trouver vos aliments végétariens dans votre supermarché habituel. Aucun jugement, aucune obligation. Elle apporte simplement des solutions et divers moyens d’atteindre son but.

Finalement, elle indique des ouvrages, associations, films, événements qui pourront vous aider dans votre démarche.  Vous pouvez ainsi retrouver le Jeudie Veggie, le Vegfest, l’Association Végétarienne de France (AVF), PETA, L214, WWF… Tout dépend de ce que vous cherchez et de l’engagement que vous désirez défendre.

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai été très convaincue par ce livre. Je le trouve complet, simple dans l’ensemble, pas moralisateur, convaincant et pourtant assez objectif.

 

 

Amita

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Too Late – Colleen Hoover

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Résumé :

Sloan n’a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C’est justement pour échapper à une situation sans issue qu’elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique ; de plus, c’est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n’a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu’il lui fait subir jusqu’à ce qu’elle puisse lui échapper. Seule.

Personne ne peut l’aider à sortir de cette situation. Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu’elle vient de rencontrer.

Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d’elle et il fait tout pour la persuader qu’elle ne peut pas se passer de lui.

Personne ne s’interposera entre Sloan et lui. Sauf peut-être Carter.

 

Le point positif 

Encore un livre très envoûtant. Assez différent de ce que fait Colleen Hoover en général, plus sombre, mais tout aussi prenant et addictif. Des personnage attachants et tous très humains, profonds et bien plus sensibles qu’il n’y paraît.On apprend à les découvrir et ça nous permet de poser sur eux un regard tout à fait différent et un peu troublant.

Une intrigue intéressante quoique trop rapide mais vraiment prenante. Des larmes évidemment et des moments intenses et remplis de tension. Cependant, je n’ai pas ressenti la même tension que d’habitude, la même angoisse, le même soulagement, ni pleuré les mêmes larmes.

Bref, la recette parfaite de Colleen Hoover. Mais en un peu différente.

Plus adulte, plus sombre, moins romantique et tendre. On apprécie, mais en espérant retrouver l’ancienne Colleen pour les prochains romans.

 

 

Le point négatif 

Trop. Elle en a fait trop.

L’autrice explique au début du roman qu’elle n’arrivait pas à arrêter d’écrire. Ainsi, on retrouve un premier épilogue plutôt long, suivi d’un prologue et d’un épilogue à l’épilogue. Mais tous ces apports m’ont beaucoup dérangée. Ils sont de trop et enlèvent beaucoup de crédibilité au roman.

Le premier épilogue seul aurait pu être une simple continuité du roman. Le prologue, pour moi, était purement inutile car il raconte des choses que l’on sait déjà, mais d’un point de vue simplement différent. Il tente de changer le regard qu’on a sur certains personnages qu’on avait pourtant déjà cernés. Et le dernier épilogue aurait pu être coupé en deux et laissé tel quel. Il apporte trop de nouveaux événements. Trop de nouvelles péripéties qui font qu’on ne ressent finalement plus de peine ou de pitié, juste de l’agacement et de l’ennui.

Car à un moment, c’est simplement impossible.

Le déroulement de l’intrigue est déjà assez tiré par les cheveux sur certains points, l’épilogue ne fait que renforcer ce côté niais et peu probable. Certaines choses ne pourraient pas se produire dans la réalité pour des raisons judiciaires, médicales ou humaines. Alors qu’on déroge aux règles une fois pour le besoin de l’histoire, passe encore, mais au bout d’un moment on ne peut plus y croire. Et donc plus s’émouvoir.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris je pense, je suis mitigée.

Lorsque j’ai terminé le roman en lui-même sans les ajouts, j’étais satisfaite mais loin du coup de cœur habituel venant de cette autrice. Le roman, cependant, m’avait beaucoup plu et tenu en haleine de manière très intense.

Mais, plus je lisais les ajouts, moins j’appréciais ma lecture. Je repensais à certains points auparavant appréciés avec une méfiance et un scepticisme tout nouveaux. Une fois la toute dernière ligne lue, j’ai vraiment eu le sentiment qu’on avait cherché à en faire trop. A m’émouvoir plus que de raison, à passer outre certaines règles de vie, certaines lois ou certains aspects purement logiques simplement pour aller encore et toujours plus loin dans l’histoire, dans le pathétique.

Ce livre se différencie beaucoup des autres par sa forme, son contexte de création mais aussi son côté plus sombre, moins romantique et tendre. J’ai également senti moins de tension ou tout du moins une tension différente et j’ai beaucoup moins pleuré à la fin.

Pour moi c’est donc loin d’être le roman de Colleen Hoover dont je me souviendrai, ni même celui que je conseillerai.

Malgré tout, si vous aimez le travail de Colleen Hoover, je pense fortement que vous serez conquis par son dernier ouvrage.

 

 

Amita

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Les Seigneurs de Bagdad – Brian K. Vaughan et Niko Henrichon

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Résumé : En 2003 l’armée américaine bombarde l’Irak. Un zoo de Bagdad se voit détruit et les animaux en sont alors libérés. Commence alors pour quatre lions un périple vers la liberté à travers la terre dévastée par les hommes

Note :  ★★★★★ 

Ce comics est inspiré d’une histoire vraie. Lors du bombardement, quatre lions se sont échappés et ont marché dans Bagdad. Ce livre raconte leur marche et jusqu’où elle les a menés.

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A la fin de l’ouvrage, une petite note précise le degré de véridique de ce comics et ajoute certains détails. Prendre connaissance de l’aspect historique de l’œuvre est troublant et donne plus de profondeur à cette histoire. Qui plus est, 2003, ce n’était pas si loin et c’est dur de se dire que ces choses ont encore lieu, si loin de nous qu’on les pense fictives.

Ce qui est intéressant ici, c’est que les animaux ont le rôle de sujet. En plus d’être les narrateurs, ils sont les héros de cette histoire. C’est un point de vue assez rare (hormis ouvrages pour enfants mais 98% des animaux dans ces ouvrages sont anthropomorphisés) Ici, les animaux ont tout de l’animal, mis à part la parole. Et ils découvrent le monde humain avec leurs yeux innocents et tendres. Et à leurs propres dépens.

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On voit donc la guerre du point de vue des animaux, comment ils la comprennent et l’expliquent. Ce qu’ils en pensent et comment ils la subissent. C’est vraiment un message fort qui est transmis ici, car bien plus que simple spectateurs de la guerre, ils en sont des victimes. Des victimes dont personne ne se soucie et qu’on ne prend même pas en compte.

Des animaux il en meurt tous les jours, pourquoi s’inquiéter s’il en meurt un peu plus durant la guerre, et par la faute des hommes ?

Ce comics porte un message fort. Les animaux ont aussi une dignité et ils méritent qu’on prenne soin d’eux, qu’on leur offre le respect qu’ils méritent, qu’on n’oublie pas leur nom et leur place dans l’Histoire.

Cet ouvrage nous bouscule, nous serre le cœur dans ses poings féroces. Nous ne sommes pas épargnés par la violence. Digne d’un vrai comics, nous retrouvons le sang, la brutalité, la cruauté (les onomatopée aussi). On entend le bruit des tirs, des rugissements, on sent la peur, on voit la mort. Mais peut-être que cette brutalité est nécessaire. Nécessaire pour comprendre, pour voir la vérité en face. Pour surmonter l’insurmontable. Pour se ressaisir.

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Personnellement à la fin, j’ai beaucoup pleuré. Surtout d’apprendre que c’était une histoire vraie. Le peu d’intérêt que les hommes portent aux animaux et le peu de cas qu’ils font de leur sort, ça m’a vraiment bouleversée.

Pour terminer sur un aspect majeur du genre, je voudrais parler des dessins. Ils sont magnifiques ! Très réalistes. Chaque animal est très bien dessiné, dans ses postures, dans ses émotions, dans ses expressions.

Et il y a quelque chose de très important qui ressort des dessins et qui transparaît aussi mais moins dans le texte : les émotions. Car les animaux ressentent des émotions. Dans ce comics, on voit la peur, la tristesse et la colère. Trois émotions qui les portent tout au long de l’histoire et tout au long de leur vie.

Et à travers les dessins, on a ce panel d’émotions bien visibles. Ce qui est clair dans les dessins, c’est que les animaux, aussi mal considérés soient-ils, ressentent des émotions et les éprouvent à l’instar des humains.

 

Amita

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